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La Chine consolide son influence commerciale en Asie centrale

Face à l’escalade des tensions commerciales avec les États-Unis, Pékin accélère sa présence économique en Asie centrale. Cette région, riche en ressources et carrefour stratégique entre l’Europe et l’Asie, devient un pilier central dans la stratégie chinoise de diversification des marchés et de sécurisation des routes logistiques.

L’Ouzbékistan est emblématique de cette nouvelle dynamique. En octobre 2024, le constructeur chinois BYD y a inauguré une usine de véhicules électriques à Djizak. Ce projet, estimé à 160 millions de dollars, illustre comment Pékin cherche à contourner les droits de douane américains et à trouver de nouveaux débouchés pour son industrie. Le pays espère d’ailleurs doubler ses exportations de véhicules électriques pour atteindre 500 000 unités annuelles d’ici 2030.

Au Kazakhstan, la coopération prend également de l’ampleur. Le pays, pivot du projet des Nouvelles routes de la soie, est intégré à des corridors ferroviaires reliant directement la Chine à l’Europe sans passer par la Russie. En 2025, Pékin a signé avec cinq États d’Asie centrale un Traité de bon voisinage permanent, qui officialise une coopération de long terme dans le commerce, l’énergie, l’agriculture et les infrastructures. Ce traité a été accompagné de 24 accords supplémentaires couvrant l’éducation, la réduction de la pauvreté et la logistique.

Les résultats sont déjà visibles. En 2024, les échanges commerciaux entre la Chine et les pays d’Asie centrale ont atteint 674 milliards de yuans (85 milliards d’euros), soit plus du double du niveau de 2013. Sur les seuls cinq premiers mois de 2025, le commerce bilatéral a déjà atteint 286 milliards de yuans. La Chine exporte surtout des machines industrielles, des équipements électroniques et des véhicules, tandis qu’elle importe du pétrole, du gaz, des minerais et des produits agricoles.

Au-delà des chiffres, Pékin consolide son influence par une diplomatie élargie. Le « Middle Corridor », reliant la Chine au Kazakhstan puis à la Turquie via la mer Caspienne, réduit les délais et coûts de transport tout en offrant une alternative aux routes passant par la Russie. Cette montée en puissance économique s’accompagne aussi de projets plus subtils : programmes éducatifs, initiatives écologiques et coopération technologique.

💬 Comprendre à 16 ans
Imagine que la Chine soit une entreprise qui veut vendre ses produits partout dans le monde. Si un client comme les États-Unis ferme ses portes en augmentant les taxes, il faut vite trouver d’autres acheteurs. C’est exactement ce que fait Pékin en se tournant vers l’Asie centrale. Elle y construit des routes et des chemins de fer pour livrer plus vite, installe des usines pour produire sur place, et signe des contrats pour acheter pétrole, gaz et cuivre. Résultat : ces pays deviennent à la fois de nouveaux clients et de nouveaux partenaires. Pour la Chine, c’est une façon d’assurer son avenir économique même si les tensions avec l’Occident continuent.

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