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Deposit Tokens : quand les banques se mettent à la blockchain

Le cas du JPMD de JPMorgan, et pourquoi il pose problème

Le secteur financier est en pleine mutation. Discrètement, les grandes banques intègrent des outils numériques inspirés de la crypto, mais conçus à leur façon. L’un des exemples les plus marquants est le deposit token, un nouveau type de jeton émis par les banques traditionnelles elles-mêmes.

C’est quoi, un deposit token ?

Un deposit token est un jeton numérique qui représente un dépôt en argent réel (par exemple en dollars), conservé chez une banque. Contrairement aux stablecoins classiques (comme l’USDT ou l’USDC, émis par des entreprises comme Tether ou Circle), les deposit tokens sont directement gérés par des banques, à l’intérieur du système financier traditionnel.

Ils permettent de faire des transferts rapides via la blockchain, tout en restant encadrés par les règles bancaires. Techniquement, ils sont plus sûrs que les stablecoins, car ils sont émis par des institutions régulées. Mais cela ne veut pas dire qu’ils sont forcément meilleurs — ni qu’ils sont halal.

L’exemple de JPMorgan : le JPMD

En 2025, JPMorgan a lancé un jeton appelé JPMD, basé sur la blockchain Base (elle-même construite sur Ethereum). Ce jeton n’est pas destiné au grand public : seuls les clients institutionnels (grandes entreprises, fonds, etc.) peuvent l’utiliser.

Voici comment ça fonctionne :

  1. Un client dépose des dollars chez JPMorgan.
  2. La banque émet des jetons numériques JPMD équivalents à ce montant.
  3. Ces jetons peuvent être envoyés à d’autres clients autorisés, uniquement sur une blockchain privée et surveillée.
  4. Si le client veut récupérer ses dollars, il rend les jetons, qui sont ensuite « brûlés », et l’argent lui est retourné.

À toutes les étapes, JPMorgan garde le contrôle total : elle peut bloquer, annuler ou refuser des transferts à tout moment.

Où est le problème ?

À première vue, ce système semble « conforme » : il y a un dépôt réel derrière, pas d’intérêt versé directement, et les transferts sont traçables. Mais en y regardant de plus près, plusieurs problèmes apparaissent :

  1. Le jeton repose sur la logique de la banque à réserves fractionnaires : autrement dit, la banque ne garde pas forcément 100 % du dépôt en sécurité. Elle peut en utiliser une partie pour faire des prêts, ce qui est exactement le cœur du système bancaire conventionnel basé sur l’endettement.
  2. JPMorgan envisage d’ajouter une rémunération sur le jeton à l’avenir. Même si ce n’est pas encore actif, l’architecture du JPMD est faite pour pouvoir générer des intérêts. Un outil pensé dès le départ pour produire du riba n’est pas neutre, même si ce riba n’est pas encore activé.
  3. La banque a un pouvoir total sur le jeton. Elle peut bloquer un transfert, geler des fonds ou annuler une transaction à tout moment. Cela va à l’encontre de l’esprit même de la blockchain, qui a été créée pour offrir un système transparent, décentralisé, et non dépendant d’une autorité unique.
  4. Il ne s’agit pas d’une réforme éthique de la finance, mais d’une tentative d’adapter les outils du monde crypto au service du système bancaire existant. Autrement dit, c’est une nouvelle couche numérique sur les mêmes logiques de pouvoir, de dette et de centralisation.

Pourquoi ça nous concerne ?

Aujourd’hui, des jetons comme le JPMD sont encore réservés aux grandes institutions. Mais demain, ils pourraient devenir la norme pour les paiements internationaux, les transferts entre entreprises, ou même la gestion de certaines aides publiques. Si c’est le cas, les institutions musulmanes ou les particuliers pourraient être poussés à les utiliser, sans avoir leur mot à dire.

Ce serait un recul à double niveau :

  1. Continuer à dépendre d’un système basé sur l’endettement et le contrôle centralisé.
  2. Ne pas avoir construit d’alternatives alignées sur une éthique monétaire islamique.

📌 HALALIS DIT :
Ce type de jeton n’est pas une simple innovation technique. C’est une tentative des banques de reprendre la main sur les outils de la blockchain, tout en conservant les logiques qui posent problème dans le modèle financier actuel. Pour nous, le JPMD ne peut pas être considéré comme halal, ni dans sa structure, ni dans sa finalité. Il est urgent de penser des alternatives éthiques, ouvertes, et réellement alignées avec les valeurs de la finance islamique.

Dans l’univers crypto, si vous cherchez à savoir quels tokens sont considérés comme halal, vous pouvez consulter gratuitement la liste sur l’application Sahal Wallet en la téléchargeant dès maintenant.

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