Le Département de la Justice américain (DOJ) a révélé une procédure de saisie civile visant environ 2 millions de dollars en cryptomonnaies, dont 1,6 million en USDT gelés par Tether, suite à leur utilisation présumée pour financer le Hamas via une société basée à Gaza : BuyCash Money Transfer Company.
Qui est visé ?
L’action cible la société BuyCash ainsi que son propriétaire, Ahmed M. M. Alaqad, déjà sanctionné en octobre 2023 par le Trésor américain pour son soutien matériel à plusieurs groupes terroristes, dont le Hamas, Daesh et Al-Qaïda.
Les fonds ont été identifiés sur plusieurs portefeuilles numériques, avec des liens vers des plateformes connues comme Tether et Binance, et répartis sur environ 150 adresses crypto connectées à des campagnes de financement via des canaux comme Telegram.
La plainte repose sur le titre 18 U.S.C. § 981(a)(1)(G)(i), une disposition du droit fédéral américain permettant de saisir des actifs liés, même indirectement, à une organisation terroriste étrangère — et ce, sans qu’une condamnation pénale soit nécessaire.
Traçage blockchain
Les autorités ont utilisé des outils avancés d’analyse de la blockchain pour retracer le parcours des fonds : depuis des appels aux dons publics, jusqu’à leur répartition en cascade via des portefeuilles numériques, avant d’être convertis ou consolidés sur des plateformes d’échange. Ces analyses permettent de détecter des schémas typiques : transferts en volume, enchaînement de portefeuilles, cycles de blanchiment, etc.
Ce que cela signifie
- Les cryptos ne sont pas invisibles : même sans intervention judiciaire traditionnelle, les autorités peuvent aujourd’hui remonter des flux illicites à travers la blockchain.
- Renforcement de la coopération avec les plateformes : Tether aurait collaboré en gelant les avoirs ciblés. Les plateformes centralisées sont désormais tenues de coopérer dans les affaires de financement illicite.
- Signal réglementaire fort : les États-Unis montrent qu’ils utiliseront la voie civile pour perturber en temps réel les circuits de financement du terrorisme impliquant des crypto-actifs, même lorsque ceux-ci sont hébergés à l’étranger.
Et maintenant ?
Cette affaire s’inscrit dans une série d’actions récentes menées par le DOJ contre les usages illicites de la blockchain. En juin 2025, plus de 225 millions de dollars avaient été saisis dans le cadre de fraudes liées à des arnaques crypto.
À travers ces opérations, les autorités américaines cherchent à installer un cadre clair : les cryptomonnaies ne sont pas hors-la-loi, mais elles seront traçables et saisies si elles sont utilisées pour des activités interdites.







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