HALALIS

La finance repensée pour les musulmans de France

Ce que révèle l’enquête du Figaro sur MYM et OnlyFans

Une alerte froide et factuelle : quand le corps devient contenu, et l’ego une drogue

1. Quand la nudité devient une stratégie de survie

Une jeune femme, à peine majeure, commence à publier des photos intimes sur MYM. Avant même ses 18 ans, elle avait déjà ouvert un compte sur X (anciennement Twitter), où les contenus pornographiques sont tolérés. Elle attend que sa mère sorte faire les courses pour se filmer. Aucun bruit, aucune trace. Tout est fait en cachette.

Ses vidéos sont vendues pour quelques euros. Les messages qu’elle reçoit ?
« Je rêve de te violer. »
« On te séquestrerait avec mes potes. »

Mais elle continue. Parce qu’elle a gagné 360 € en trois semaines. Et que pour certaines, c’est déjà trop pour reculer.

2. Ce ne sont pas des profils “marginaux” : ce sont des femmes ordinaires

Une fonctionnaire française publie des vidéos avec son conjoint, tout en cachant son activité à ses collègues. Une autre femme, mère d’un enfant de 10 ans, publie des contenus en couple tout en prenant soin de camoufler sa chambre et sa garde-robe pour éviter d’être reconnue.

Des femmes de plus de 50 ans, anciennes personnalités télé, se sont lancées dans ces plateformes et ont gagné des dizaines de milliers d’euros en quelques semaines. Elles investissent ces revenus dans des love-rooms, forment d’autres femmes à se lancer à leur tour, et sous-traitent les sextos à une intelligence artificielle automatisée.

Dans plusieurs cas, les proches découvrent les images. Les collègues diffusent les captures. Et les créatrices continuent… en espérant juste ne pas être reconnues par leurs enfants.

3. Une spirale qui part du manque d’argent et finit dans la dépendance

Beaucoup commencent après une séparation, un licenciement, une dette ou simplement l’envie de “s’en sortir”.
Le problème ? On ne s’arrête plus. Car l’argent rapide est addictif.
Une femme gagne 35 000 € en quelques semaines, mais voit son agence lui confisquer les revenus, la forcer à publier des vidéos qu’elle refuse, vendre ses contenus à son insu, et garder les gains via PayPal.
Résultat : dépression. Addiction à la drogue dure. Isolement. Honte.

Et malgré tout, certaines continuent. Parce qu’il est plus facile de rester dans l’abîme que de tout reconstruire.

4. Le vrai carburant : pas l’argent… mais l’ego

Derrière chaque photo vendue, il n’y a pas que l’aspect financier. Il y a un besoin plus profond : être vue, admirée, validée.
Selon le thérapeute Elian Falleti :

« C’est presque une drogue. L’ego devient malsain. On devient à la fois le drogué et le dealer. »

Dans certains cas, des femmes expliquent que cela a “ravivé leur couple” ou “reboosté leur confiance”.
Mais au fond, ce qui alimente tout cela, c’est la recherche d’un miroir qui renvoie un reflet désirable, même si ce reflet est faux, artificiel, ou vendu.

5. Une économie entre les mains d’hommes invisibles

Derrière MYM et OnlyFans, on trouve des fondateurs, investisseurs, ingénieurs… presque exclusivement masculins.
Ils ont conçu un système où les femmes produisent, les hommes consomment, et eux encaissent.

En parallèle, des centaines de “managers” ou d’agents auto-proclamés exploitent les créatrices. Certains ont 16 ou 17 ans. Ils gèrent les comptes à distance, exigent 50 à 80 % de commission, engagent des “chatteurs” dans des pays pauvres pour répondre aux abonnés à leur place.
Des groupes Telegram s’échangent des profils féminins comme des fiches de produits :

29 ans. Samsung A31. Bilingue 7/10. Veut récupérer 40 %. 500 $.

6. Et les plateformes ? Elles facilitent tout

Officiellement, MYM se dit “extérieure” aux relations entre les créatrices et les agences.
Mais dans les faits, elle collabore : elle vérifie l’identité des agences, accélère les paiements, propose des synergies.
Elle reste “agnostique” tant que les contenus ne violent pas la loi. Et tant que ça reste virtuel, ce n’est pas du proxénétisme, légalement.

Des députés appellent à une nouvelle législation. Mais les plateformes tournent, les abonnements se renouvellent, et les dégâts moraux se banalisent.

📌 HALALIS DIT :

Ce que révèle l’enquête du Figaro, c’est que le danger n’est pas marginal ni réservé à quelques cas extrêmes. Il est profondément enraciné dans notre époque, à la croisée du vide affectif, du rêve de liberté financière et de la marchandisation du corps. Ce n’est plus uniquement une question de survie ou de précarité : c’est devenu un choix alimenté par l’envie d’un certain style de vie, l’illusion d’une retraite anticipée, la quête d’attention et l’idéalisation d’une liberté totale. Beaucoup ne cherchent pas seulement de l’argent, mais du pouvoir sur leur image, un retour d’ego, une revanche sur une vie jugée ordinaire.

Mais dans cette chaîne, celles qui publient ne sont pas toujours les premières à blâmer. Elles sont souvent entourées, poussées, flattées, encadrées, voire exploitées. Les vrais artisans du système sont parfois ceux qui conseillent, organisent, paient, ou ferment les yeux. Les plateformes elles-mêmes, les “managers”, les clients silencieux : tous participent à entretenir un marché où l’intimité devient une marchandise, et où l’honneur se dilue dans les vues, les likes et les abonnements.

Ce système ne mène ni à l’indépendance, ni à l’épanouissement. Il ne libère pas : il abîme. Il ne soigne pas : il rend dépendant. Et il ne respecte pas la femme : il la consomme. Au bout du processus, ce n’est pas la réussite qu’on trouve, mais la perte de repères, la honte mal contenue, et une image de soi irréversiblement détournée.

Ce n’est pas du progrès. Ce n’est pas du contenu. Ce n’est pas un modèle de liberté. C’est une industrie du vice, structurée, légalisée, et promue comme un droit alors qu’elle fonctionne comme une trappe. Et si la communauté musulmane reste muette, complice ou passivement consommatrice, alors elle participe à ce système sans même s’en rendre compte.

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