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La finance repensée pour les musulmans de France

Femmes et influence : Une étude révolutionne les perceptions

Une idée reçue voudrait que dans les domaines dominés par les hommes, les femmes soient systématiquement moins écoutées, moins respectées, moins influentes. Pourtant, une nouvelle étude menée par les économistes Hans Henrik Sievertsen et Sarah Smith vient bouleverser cette hypothèse.

Dans leur expérience, près de 3 000 Américains ont été exposés à une série d’opinions sur des sujets économiques — régulation financière, taxation, intelligence artificielle… Chaque opinion était présentée comme venant d’un·e économiste de renom, professeur·e dans une université prestigieuse, avec une indication claire de leur genre. Résultat ? Les expertes ont eu 20 % plus d’impact sur les opinions du public que leurs homologues masculins.

Mais lorsque les chercheurs ont retiré les titres académiques et les noms des universités, ne laissant visible que le terme « économiste », cette différence d’impact disparaît. Hommes et femmes devenaient alors aussi convaincants l’un que l’autre.

Comment expliquer cet écart ? Selon les auteurs de l’étude, les gens font une supposition implicite : si une femme parvient au sommet dans un domaine masculin, c’est qu’elle doit être exceptionnellement compétente. Dit autrement, « les femmes visibles, qui ont “réussi” dans un univers d’hommes, peuvent être perçues comme plus impressionnantes que leurs pairs masculins ».

Cette perception repose-t-elle sur une réalité ? Pas nécessairement. Mais ce qui est certain, c’est que de nombreux travaux ont déjà montré les obstacles rencontrés par les femmes dans les milieux académiques et professionnels masculins : davantage d’interruptions en séminaire, moindre reconnaissance lorsqu’elles co-signent des articles, ou encore préjugés stéréotypés lors des recrutements.

Et pourtant, c’est peut-être ce long parcours semé d’embûches qui, inconsciemment, confère à leurs propos plus de poids.

📌Halalis Insight : L’islam a toujours reconnu la compétence et la légitimité des femmes dans les domaines du savoir, de l’enseignement et même dans certaines formes d’engagement public — bien avant que ces questions ne deviennent des sujets de débat dans les sociétés contemporaines.

Un exemple marquant est celui de Aicha bint Abi Bakr (ra). Elle fut l’une des plus grandes figures savantes de l’histoire islamique, transmettant plus de 2 000 hadiths et enseignant à de nombreux hommes, dont plusieurs devinrent eux-mêmes des juristes de renom.

Sa place dans la vie publique fut également exceptionnelle. Dans un contexte politique très tendu après l’assassinat du calife Uthman (ra), elle prit part à un épisode historique connu sous le nom de bataille du Chameau (Jamal). Bien que ce conflit ait opposé des compagnons illustres et soit resté un sujet sensible, sa participation montre qu’elle n’était ni marginalisée ni effacée dans les affaires publiques de son temps.

Alors si vous êtes une femme musulmane dans un secteur professionnel majoritairement masculin, ne laissez pas les doutes miner votre confiance. Tant que votre activité respecte les principes de l’éthique islamique, votre compétence, votre sérieux et votre comportement exemplaire suffisent à légitimer pleinement votre place. En réalité, votre présence peut même être perçue comme un signe d’excellence. Et souvenez-vous : chaque poste que vous occupez est une amanah — une responsabilité — et une occasion de représenter dignement votre foi par votre intégrité, votre rigueur et votre bienveillance.

Adapté à partir d’un article du Financial Times, « Are female experts more credible? », 2025.

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