Le gouvernement militaire du Niger a annoncé la nationalisation totale du projet d’uranium Somair, jusque-là détenu à 63,4 % par Orano, l’entreprise française spécialisée dans le combustible nucléaire. Le reste était aux mains de l’État nigérien via Sopamin. L’annonce a été faite à la télévision nationale le jeudi 20 juin au soir.
Un conflit aux racines politiques et économiques
Le régime issu du coup d’État de juillet 2023 reproche à Orano :
- Des manquements dans le transfert des revenus miniers,
- Des “comportements déloyaux”,
- Une “campagne d’empoisonnement” contre l’État nigérien,
- Et l’appartenance d’Orano à un État — la France — accusé d’hostilité envers le Niger et même de “soutien au terrorisme dans le Sahel”.
Orano a dénoncé une expropriation illégale, violant les accords contractuels. L’entreprise a entamé des procédures d’arbitrage international et des actions judiciaires, notamment après le raid de ses bureaux et l’arrestation d’un de ses directeurs locaux.
Le Sahel tourne le dos aux multinationales occidentales
La nationalisation de Somair n’est pas un cas isolé. Le Mali a imposé l’ouverture d’une mine d’or malgré l’opposition de son propriétaire canadien, et les trois pays sahéliens exigent désormais :
- Une part accrue dans les projets miniers,
- Une redistribution plus équitable des revenus,
- Un contrôle accru des ressources stratégiques.
Selon le Financial Times, Orano envisageait déjà de vendre ses actifs au Niger, et des entreprises russes et chinoises seraient intéressées. Le projet Somair, situé dans la région d’Agadez, représente une partie importante de l’approvisionnement mondial en uranium — une ressource critique à l’heure où les tensions énergétiques s’intensifient.
Conséquences pour la France et la souveraineté des matières premières
Le Niger, ancienne colonie française, n’a jamais reconnu officiellement le soutien de Paris à son gouvernement militaire. Emmanuel Macron ayant maintenu une position dure vis-à-vis de la junte, Niamey a désormais acté une rupture complète avec les intérêts français dans l’uranium.







Laisser un commentaire