Les offres de location longue durée (LLD) et de location avec option d’achat (LOA) ont mis du temps à s’imposer dans le paysage automobile français, mais elles dominent désormais le marché. Selon le Comité des constructeurs français d’automobiles (CCFA), plus de quatre véhicules neufs sur dix ont été financés via une LOA en 2024. Chez Audi, plus de 55 % des acheteurs passent par VW Financial Services ; chez Hyundai ou Renault, près de 90 % des financements particuliers se font via la location.
La LOA permet de payer seulement l’usage du véhicule pendant une durée déterminée — souvent entre deux et cinq ans — avec la possibilité de devenir propriétaire en fin de contrat en réglant la valeur résiduelle prévue. Cette souplesse séduit surtout les jeunes conducteurs et ceux qui souhaitent tester un véhicule électrique avant de s’engager. Autre attrait : les mensualités sont souvent inférieures à celles d’un crédit auto classique.
Les constructeurs allemands, par exemple, s’appuient sur la bonne cote de leurs voitures pour faire baisser le coût total d’utilisation (TCO) et proposer des loyers compétitifs. Ainsi, pour un loyer équivalent à celui d’une citadine, un automobiliste peut conduire un modèle premium grâce à une meilleure prévision de la valeur de revente.
Prenons un exemple cité par Investir : une Peugeot e-208 Allure (136 ch) vendue neuve 36 200 € peut être obtenue en LOA pour 232 € par mois après un premier versement de 8 142 €, sur 49 mois et 49 000 km. En fin de contrat, l’automobiliste peut la racheter pour 15 180 €, portant le coût total d’acquisition à 34 426 € — légèrement inférieur à un achat comptant. S’il ajoute l’entretien, l’assurance et les services d’assistance, le loyer monte à environ 280 €, mais le budget automobile devient parfaitement prévisible.
Ces formules, autrefois réservées aux entreprises, offrent aujourd’hui au particulier un moyen d’accéder à des véhicules plus récents sans immobiliser de capital. Cependant, Investir avertit : les contrats doivent être lus attentivement. Les dépassements de kilométrage, la restitution du véhicule en état non conforme, ou la valeur de rachat mal évaluée peuvent entraîner des coûts élevés. Il est donc conseillé de comparer la valeur résiduelle fixée au contrat avec celle observée sur le marché de l’occasion.
Malgré ces risques, la LOA reste un choix populaire pour les automobilistes qui veulent intégrer l’entretien et les assurances dans un budget fixe, tout en gardant la liberté de changer régulièrement de véhicule. La LLD, sans option d’achat, séduit ceux qui privilégient l’usage pur et la tranquillité d’esprit.
Mais sur le plan islamique, la LOA pose problème.
Elle combine en un seul acte deux contrats distincts : la location (ijarah) et la vente (bay‘). Or, le Prophète ﷺ a interdit d’unir deux contrats en un seul, car cela crée une ambiguïté dans les obligations et les droits de chaque partie. Le locataire paie des loyers pour un bien qu’il pourrait ensuite racheter, sans que la frontière entre usufruit et transfert de propriété soit claire.
La plupart des savants contemporains jugent donc la LOA non conforme à la charia. Une alternative licite consiste à structurer deux contrats séparés : une ijarah réelle suivie, après son terme, d’une vente indépendante , sans clause d’achat automatique ni intérêts dissimulés.
(Pour lire l’analyse complète sur la conformité du financement automobile selon la charia, cliquez ici.)







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