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Aramco en difficulté : bénéfices en baisse, dettes en hausse

Saudi Aramco, la compagnie pétrolière publique d’Arabie saoudite, a enregistré une baisse de ses bénéfices pour le dixième trimestre consécutif, confirmant la pression exercée sur ses finances par la faiblesse persistante des prix du pétrole.

Selon un communiqué, le bénéfice net attribuable aux actionnaires a reculé de 19 % au deuxième trimestre, à 85,63 milliards de riyals (22,8 milliards de dollars), par rapport à l’an dernier. Ce résultat est inférieur aux prévisions des analystes compilées par Bloomberg.

Le flux de trésorerie disponible (free cash flow), c’est-à-dire l’argent restant après paiement des investissements et dépenses, a chuté de 20 % à 15,2 milliards de dollars — un montant insuffisant pour couvrir le dividende trimestriel de 21,36 milliards de dollars. Aramco a donc accru ses emprunts, ce qui a porté sa dette nette à 30,8 milliards de dollars contre 24,7 milliards fin mars. Le ratio d’endettement (« gearing ratio ») est ainsi passé de 5,3 % à 6,5 %, un niveau toujours faible comparé à Shell (19 %).

Cette baisse de rentrées financières s’explique principalement par des prix du pétrole brut de Brent en moyenne inférieurs de près de 20 dollars par baril sur un an, et désormais sous les 69 dollars, alors que le FMI estime que l’Arabie saoudite a besoin d’un prix supérieur à 90 dollars pour équilibrer son budget national.

Aramco avait annoncé plus tôt dans l’année une réduction de son dividende annuel 2025 d’un tiers, à environ 85 milliards de dollars, en grande partie pour tenir compte de la fin des bénéfices exceptionnels de 2022. Cette diminution touche également les finances de l’État saoudien, au moment où le prince héritier Mohammed ben Salmane poursuit ses projets coûteux de transformation économique.

Sur le plan opérationnel, la production augmente : d’ici septembre, l’Arabie saoudite prévoit d’atteindre près de 10 millions de barils par jour, soit un million de plus qu’en avril, dans le cadre des décisions de l’OPEP+ (Organisation des pays exportateurs de pétrole et alliés). Amin Nasser, directeur général d’Aramco, reste optimiste, affirmant que la demande mondiale de pétrole au second semestre 2025 devrait être supérieure de plus de 2 millions de barils par jour par rapport au premier semestre.

Toutefois, plusieurs analystes mettent en garde contre un marché fragile. Une hausse de la production OPEP+, un ralentissement attendu en Chine et l’augmentation de l’offre en Amérique pourraient créer un excédent de 2 millions de barils par jour au quatrième trimestre, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).

Les actions d’Aramco ont sous-performé par rapport à leurs homologues occidentales cette année. Exxon Mobil et Chevron ont dépassé les prévisions au deuxième trimestre grâce à une hausse de leur production, tout comme Shell, tandis que TotalEnergies a manqué les attentes.

💬 Comprendre à 16 ans
Aramco, c’est la plus grande entreprise de pétrole au monde, et elle appartient à l’Arabie saoudite. Son travail consiste à extraire du pétrole, le vendre et distribuer une partie de ses profits aux actionnaires sous forme de dividendes (un paiement que les entreprises font à ceux qui possèdent leurs actions).

Le problème, c’est que le prix du pétrole a beaucoup baissé par rapport à l’année dernière. Du coup, Aramco gagne moins d’argent, et ses bénéfices ne suffisent pas toujours à payer ce qu’elle a promis aux actionnaires. Pour combler la différence, elle doit emprunter.

Même si l’entreprise produit plus de pétrole en ce moment, le marché mondial est fragile : trop d’offre (beaucoup de pétrole disponible) et moins de demande (moins de pays qui en achètent) peuvent encore faire baisser les prix.

Pourquoi c’est important ? Parce que les revenus du pétrole financent une bonne partie du budget de l’Arabie saoudite. Si ces revenus baissent, le gouvernement doit trouver d’autres sources d’argent, ce qui peut influencer son économie et ses grands projets.

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