HALALIS

La finance repensée pour les musulmans de France

Choc à la tête de Renault : Luca de Meo quitte l’automobile pour Kering

Le départ surprise du patron de Renault pour diriger Kering fait réagir les marchés. Mais au-delà des mouvements boursiers, qu’en est-il de la conformité de ces groupes pour un investissement halal ?

Un changement de direction stratégique

Dimanche soir, Renault a annoncé que Luca de Meo, directeur général depuis 2020, quitterait son poste le 15 juillet 2025 pour rejoindre Kering, groupe de luxe propriétaire de Gucci, Yves Saint Laurent et Balenciaga. Cette information, révélée par Le Figaro et confirmée depuis, marque un tournant pour les deux entreprises.

À l’annonce de son départ, l’action Renault a chuté de 7 %, tandis que Kering a bondi de 9,4 %, les marchés saluant l’arrivée de de Meo dans un groupe en difficulté.

Renault perd un dirigeant clé

Sous la direction de Luca de Meo, Renault avait réussi à resserrer ses coûts, diversifier ses produits et limiter son exposition aux tensions commerciales internationales. Malgré sa taille modeste par rapport à Stellantis ou Volkswagen, Renault était redevenue une référence sur le marché européen.

Kering cherche un nouveau souffle

Kering traverse une période difficile. Le chiffre d’affaires est en baisse continue, plombé par les résultats décevants de Gucci. En 2024, le groupe a enregistré une chute de 62 % de son bénéfice net et de 12 % de son chiffre d’affaires. Depuis janvier 2025, l’action a perdu un quart de sa valeur. Le départ de François-Henri Pinault de la direction générale (tout en conservant la présidence) et l’arrivée de Luca de Meo constituent une tentative claire de relancer la stratégie du groupe familial.

📌 Analyse Halalis : une actualité, mais un titre non halal

Au-delà de l’actualité managériale, il est important de rappeler que Renault n’est pas une entreprise conforme aux standards d’investissement islamique.

D’après les principaux critères de sélection conformes à la Shariah, y compris ceux de l’AAOIFI, Renault échoue sur tous les indicateurs majeurs :

  • Revenus non halal : environ 10 % du chiffre d’affaires provient d’activités non conformes (financement, assurances, intérêts…), soit le double du seuil de tolérance AAOIFI fixé à 5 %
  • Dette portant intérêt : les dettes à intérêt dépassent 500 % de la capitalisation, bien au-delà du seuil de 30 % autorisé
  • Dépôts à intérêt : les actifs placés dans des instruments riba représentent plus de 170 %, là encore bien au-dessus des limites acceptables

⚠️ Renault ne peut donc pas être considéré comme une action halal, quelle que soit la solidité de sa gestion ou la qualité de ses résultats.

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