Alors que les sénateurs examinent une proposition de loi pour encadrer l’impact environnemental de l’industrie textile, les géants chinois Shein et Temu organisent leur riposte.
D’après une enquête menée par le média économique Capital, la pression monte contre ces plateformes accusées de saturer le marché français avec près de 600 millions de colis par an. À elle seule, Shein proposerait jusqu’à 7 000 nouveaux modèles de vêtements chaque jour, un chiffre vertigineux qui illustre l’ampleur du phénomène de l’ultra fast fashion.
Le texte de loi, déjà voté à l’unanimité par les députés en mars, prévoit des mesures comme la mise en demeure, le déréférencement ou même le blocage des plateformes en cas de non-respect des normes. Et pour cause : 94 % des produits contrôlés seraient non conformes, et 66 % potentiellement dangereux, selon la ministre des Comptes publics.
Pour se défendre, Shein multiplie les contre-attaques : lobbying, communication sur ses « efforts écologiques », et même une collaboration avec l’influenceuse Magali Berdah pour vanter une mode « accessible à tous les budgets ». Le groupe s’appuie aussi sur une étude commandée à FYJ Conseil, qui critique la loi jugée inéquitable et néfaste pour les consommateurs.
Temu, plus discret, met en avant une étude Ipsos selon laquelle 80 % des utilisateurs souhaitent maintenir ou augmenter leurs achats sur la plateforme.
Mais malgré ces offensives médiatiques, le scepticisme demeure. La filière textile traditionnelle française dénonce une concurrence déloyale et réclame des actions fortes. La bataille ne fait que commencer.
En parallèle du débat environnemental, une autre question émerge : celle de l’investissement éthique. Comme le rappelait déjà l’an dernier le conseiller en finance islamique Mufti Billal Omarjee, Shein tente depuis des mois d’obtenir une cotation en bourse, d’abord à New York, puis à Londres, tout en cherchant à rassurer sur l’origine de ses produits, notamment le coton du Xinjiang.
Si l’entreprise venait à être cotée et jugée conforme aux critères de la finance islamique, les investisseurs musulmans seront face à un dilemme : faut-il s’en tenir à l’analyse shariah technique ou prendre en compte des critères éthiques plus larges, comme ceux liés aux droits humains ? La question reste ouverte.






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